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De Toulouse à Abidjan en voiture

Un tel voyage est possible ! Beaucoup de gens le font, même depuis Paris. Pas seulement des Africains. Il n’y a pas besoin de 4X4 car la route est bitumée du début jusqu’à la fin (sauf 2 kms !). Je n’ai jamais eu peur et personnellement, je l’ai déjà fait 6 fois. C’est une aventure passionnante qui fait traverser Espagne, Maroc, Mauritanie, Mali et Côte d’Ivoire et que je recommencerai. 

Un exemple d'hôtel perdu au fin fond du sud marocain, La Corbine d'Argent, près de Tarfaya (sud Maroc)

C’est vrai, je suis ivoirien résidant en France, ce qui explique sans doute pourquoi j’ai eu l’idée saugrenue de faire ce voyage de 6700 kms en voiture plutôt qu’en avion. Un voyage plus cher qu’en avion et plus long (au minimum une semaine au lieu de 6 heures)  !

A chaque fois que je l’ai fait, depuis 2008 j’ai croisé beaucoup d’africains ou de français d’origine africaine, mais aussi de couples mixtes franco-africains avec enfants,  des convois humanitaires et des français blancs de tous âges, souvent jeunes retraités ou expatriés en Afrique . Ils s’offrent cette aventure hors normes, bien que certaines parties de cette route peuvent être classées rouge sur le site du ministère des affaires étrangères français (« conseils aux voyageurs »). Avant de partir, je conseille de regarder ce site car les situations sont changeantes.

En ce qui me concerne je pars toujours avec une voiture d’occasion que je revends en Côte d’Ivoire. Pas besoin d’un 4X4. J’ai toujours fait cette route avec une simple berline diesel : 406, Safrane ou 407. En effet, le ruban de bitume se déroule de ma porte à Toulouse, jusqu’à Abidjan.

On parcourt d’abord beaucoup d’autoroutes (un enchaînement continu de la France jusqu’à Agadir), puis des routes qu’on peut qualifier de « normales » et même plutôt en bon état. C’est ce qui explique que j’arrive à parcourir entre 900 à 1000 kms par jour en moyenne.

Toujours un endroit où dormir

Je fais d’une traite ma première étape de 1400 kms sur autoroute,  de Toulouse à Algésiras. En partant de Toulouse tôt le matin, j’arrive dès le premier soir au ferry d’Algesiras sur lequel je peux dormir une heure.  Puis je dors quelques heures dans ma voiture à la station d’essence de Tanger. Je fais ainsi l’économie de la première nuit d’hôtel. Ensuite je reprends mon itinéraire, si possible en non-stop jusqu’à Agadir à 800 kms. A Agadir, j’ai repéré un hôtel, pas cher et propre, avec restaurant, près d’une station-service.

Un bref no man’s land sans bitume

Puis je prends la direction de la frontière mauritanienne. Si je suis trop fatigué je dors à El Ayoun au milieu de Sahara occidental où il y a un bon hôtel. Entre les postes frontaliers du Maroc et de la Mauritanie, c’est là que se trouve la seule interruption dans le bitume, d’environ 2 kms. C’est suffisant pour s’enliser dans le sable, tomber en panne (par exemple en cassant un carter d’huile sur les cailloux)… voire se perdre parce que, ce passage étant dans une cuvette, on ne voit pas le poste de police en face.

La nuit qui suit, je dors dans la capitale mauritanienne, Nouakchott, où il n’y a pas de problème d’hôtel.  Sur la portion de route mauritanienne, je suis très prudent à cause du sable. Des tempêtes impressionnantes peuvent recouvrir rapidement des portions de route. On voit la route grâce aux empreintes des autres véhicules, mais ce sable fin peut déstabiliser la voiture si on roule trop vite ou si l’on freine brusquement, comme l’aquaplaning. J’ai fait une fois une embardée qui m’a fait très peur. Il ne faut pas non plus négliger les risques de pannes avec des véhicules mis à rude épreuve par les longs trajets sous la chaleur. Mais on voit circuler, même en plein Sahara, des « guides » en  pick-up 4X4 qui proposent leurs services de dépannage.

Des tapis pour dormir à la belle étoile

La seule étape qui peut poser problème est le très long tronçon de 1200 kms qui va de Nouakchott  jusqu’à l’entrée au Mali à hauteur de Nioro du Sahel.  J’ai trouvé plusieurs solutions pour dormir sur cette route : la première est le village mauritanien de Boutlimit où il existe une sorte de terrasse en plein air recouverte de tapis et coussins sur lesquels les voyageurs peuvent dormir à la belle étoile, à la seule condition de payer le thé qui y est servi ! Il m’est aussi arrivé de dormir à Kiffa dans ma voiture près d’une station de police ou au check point frontalier avant le Mali.

Les ânes sauvages qui traversent la route

Tout au long du trajet, la route n’est jamais déserte, il y a toujours un trafic que je qualifierais aussi de « normal ». En Mauritanie Il faut éviter de rouler la nuit, pas seulement pour des questions de sécurité, mais à cause des dromadaires et ânes errants. Par simple prudence, il faut aussi éviter de se promener dans les villes mauritaniennes. Mieux vaut rester dormir dans son hôtel. 

Un itinéraire très encadré au Mali

Au Mali, la situation est différente. On ne peut plus maintenant faire le trajet librement, mais seulement accompagné par des douaniers (qui conservent nos papiers)  en convoi de 5 voitures minimum entre Nioro du Sahel, au sortir de la Mauritanie et Zegoua à la frontière ivoirienne.  Il faut attendre que le convoi se forme, puis le départ ne se fait que le soir vers 19 heures. Ce convoi s’arrête ensuite de nuit à Bamako où sont effectuées les formalités et où sont reconstitués des convois partant dans différentes directions (Côte-d’Ivoire, Niger, Burkina, Guinée). Ce qui  laisse le temps de prendre un repas.

La route a davantage de nids de poule à partir de Sikasso au Mali jusqu’au nord de la Côte d’Ivoire. L’arrivée à Zegoua, dernière ville malienne se fait au petit matin et les formalités entre le Mali et la Côte d’Ivoire sont aussi longues et fastidieuses qu’entre le Maroc et la Mauritanie.  Elles ne se terminent côté ivoirien à Pogo qu’aux environs de 18 heures !  Il n’y a pas d’autre choix alors que de dormir dans cette ville où il n’existe que des petits hôtels, avec ventilos … et moustiques. Le lendemain, il ne reste plus que 800 kms à parcourir ! Une broutille !

Pendant ce long voyage qui traverse d’interminables régions désertiques, pas besoin d’emporter des réserves de carburant car on trouve régulièrement des pompes à essence, même dans le Sahara. Je n’ai jamais emporté le moindre bidon supplémentaire. Ma règle est de refaire le plein à chaque fois que je rencontre une station, même si  je n’ai consommé que ¼ du réservoir. Mais attention, l’essence est bien plus rare que le diesel.

Pas besoin de stocks d’eau

Pas besoin non plus d’emporter des stocks d’eau, car on peut toujours acheter des bouteilles dans les boutiques des stations-services ou les échoppes des villes et villages traversés. Un conseil toutefois, vérifiez votre climatisation, surtout si vous faites, comme moi, la route en été ! J’ai souffert une fois d’une panne de clim en pleine tempête de sable. J’ai dû fermer les vitres et j’ai cru que j’allais cuire.

Les gens se parlent

Une des choses les plus frappantes sur les longues routes sahariennes et africaines est la très grande solidarité entre voyageurs. Bien avant le départ, des regroupements de voitures se constituent, via les réseaux sociaux. Sinon les premiers contacts se nouent  sur le ferry entre Algésiras et Tanger et parfois des convois y sont composés.

Tout au long du trajet, les gens se parlent dans les restaurants et les stations-services car il est toujours mieux de faire la route à plusieurs. Je me suis fait de nombreux amis. La langue n’est jamais un problème puisque le français est parlé à peu près partout, mais les gens qui parlent arabe ont plus de facilités. J’ai fait une fois la route avec mon fils de 14 ans. A notre retour cette expérience l’avait grandi et il était fier de raconter cette aventure à ses copains.       

Gagnant financièrement et moralement

Le coût total d’un tel  voyage atteint pour moi environ 1200 € en incluant absolument toutes mes dépenses : carburant (pour moitié), hébergements, repas et boissons, visas pour la Mauritanie et le Mali, pourboires… Les  voitures françaises étant toujours bien cotées en Côte d’Ivoire, je revends la mienne deux fois mieux qu’en France. L’opération est donc pour moi gagnante puisque la marge que je dégage couvre, mes frais de route, mon séjour à Abidjan (où je n’ai pas de voiture à louer), et mon billet d’avion retour.

Mais mon principal bénéfice est l’aventure, le plaisir de la route, des rencontres, des paysages grandioses. Je sens avec joie que le tracé de la route jusqu’à Nouakchott reproduit la carte de l’Afrique.  Je traverse des zones de montagnes avec des routes tournant au bord de précipices après Agadir puis en Mauritanie, entrecoupées de purs déserts de sable. C’est plus excitant et grisant qu’un siège d’avion !

Coups de coeur: 

Dans toutes les étapes, tout le monde est souriant, gentil, accueillant

Coups de griffe: 

La longueur excessive des formalités aux frontières. 

A voir absolument: 
  • La route qui longe la mer en descendant le Sahara occidental.
  • Les dunes de sable au sud du Maroc et au nord de la Mauritanie.
  • Les troupeaux de chameaux sauvages en Mauritanie.