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A quoi bon faire une "bucket list" ?

L'affiche du film de 2006 de Rob Reiner
Voyages en rêve ? D’où vient ce phénomène qui a envahi en quelques années la plupart des blogs de voyages ? Faire une liste de ses rêves de voyages ? Mais à quoi bon ? Le débat est permanent sur le web et bestglobe.fr entre dans ce débat.
 
 « Bucket list » : cette expression a déferlé comme une mode en quelques années et envahi les blogs de voyages. Pas un blog qui se respecte et qui n’affiche sa « bucket list » ! J’ai moi-même été contaminé par le virus  car je me suis surpris à demander à des personnes que j’interviewais si elles avaient une bucket list et ce qu’elles mettaient dedans ! Je ne me suis pas encore résolu à publier la mienne que je considère comme personnelle. Mais, au fait, à quoi sert une bucket list, et surtout, au préalable, cette expression très tendance, qu’est-ce ce que ça veut dire ?
« Bucket » en anglais signifie «baquet » ou « seau ». Mais une bucket list ne consiste pas à mettre des choses dans un seau. Cette expression fait référence à une sombre histoire de pendu, précisément à la formule « to kick a bucket », en mot à mot « donner un coup de pied dans le seau ». En l’occurrence le seau est à l’envers, c’est celui sur lequel une personne qui a la corde au cou a posé ses pieds. On imagine le geste d’un suicidé ou le coup de botte dans le seau par un cow boy ou un sherif qui exécute un condamné, comme un film de Sergio Leone. La formule française la plus proche est peut-être « passer l’arme à gauche ». Ca fait frémir !
Pourtant « bucket list » est clairement  dérivé de « to kick a bucket »  comme la « liste de ce que l’on rêve de faire avant de mourir ». La formule « to kick a bucket » est connue depuis très longtemps en anglais, mais on ne sait pas très bien où ni quand est née la formule beaucoup plus récente de bucket list. Ce dont on est sûr c’est qu’elle a été largement popularisée par un film de 2006 de Rob Reiner, précisément intitulé « The Bucket list » (titre remanié en français en « Sans plus attendre ») et interprété par Morgan Freeman et Jack Nicholson : deux américains âgés, condamnés par la maladie, décident de faire la liste de tout ce qu’ils ont envie de faire et ils la mettent rapidement en œuvre en partant à l’aventure…
La bucket list d’un voyageur serait donc un rêve ultime et macabre de condamné ? Une sorte de liste tardive de rêves perdus  qu’on s’efforce de faire devenir, dans un dernier sursaut, des rêves encore réalisables avant une mort qu’on espère la plus lointaine possible. Car l’idée de la mort reste cachée sous le bucket, comme s’il ne fallait pas oublier que chaque jour qui passe nous rapproche de notre dernier jour et que « dans la vie il faut bien mourir ».
Une perspective qui n’enchante pas beaucoup les bloggeurs. Beaucoup préfèrent passer l’idée de mort sous-jacente à la trappe …. Tout en gardant le mot « bucket » qui permet d’être tendance en affichant un mot américanisant, ils évacuent le mot « mort » et parlent de « liste de rêves à réaliser pendant sa vie » ou même de « liste de vie ». Par ce tour de passe-passe, l’idée de mort est remplacée par celle de vie. Et même de vie intense et de renaissance. C’est une des idées fortes de « La magie de la liste » de Yuval Abramovitz qui, en écrivant ses rêves, est sorti de son fauteuil roulant.
Sur le net, dans la galaxie des voyageurs, la « bucket-list » est d’ailleurs plutôt une affaire de trentenaires que de septuagénaires ou d’octogénaires. Même si beaucoup de bloggeurs ont déjà un peu vieilli, en plus de 10 ans ou 15 ans de routes. Pas mal de trentenaires ont passé la quarantaine et se sont empâtés et ridés. Leur bucket -list est de plus en plus raturée ou cochée par ce qui a déjà été fait (« done »). Certains semblent même un peu las de leur course sans fin et de leurs galères. On devine leur envie d’appuyer sur « pause » ou de passer à autre chose autrement pour affronter leurs 50 puis leurs 60 ans avec le même feu sacré que celui de leurs 20 ans.
L’idée de bucket list fait donc débat. Les blogs en sont pleins. Certains trouvent cette idée « énervante ». Mais une majorité affiche sa bucket list. A quoi sert de lister ses « rêves de vie » ? Quels sont les arguments pour ou contre ?
 
Contre la bucket list
-          La bucket list est déjà passée de mode. L’idée s’est développée il y a dix ans. Pour les nouveau-nés du blog, c’est déjà « has been ». Comme les vêtements de prêt à porter, il faudrait renouveler sa garde-robe d’idées toutes les semaines ?
-          Une bucket list de voyages bloque ses projets,  fige les idées.
-          Faire une bucket list est se flageller, se créer une auto-contrainte et du stress supplémentaires dans une vie qui en est déjà pleine.
-          C’est un système de planification qui est contraire à la spontanéité. Il faut laisser place à l’inattendu, à l’imprévu, vivre le présent librement, penser « carpe diem ». C’est le syndrome doigts pieds en éventail, ne penser à rien.
-          La bucket list pousse à la consommation, aux voyages inutiles. Comme tout le monde veut aller aux mêmes endroits, elle accentue la pression sur les sites les plus connus déjà surchargés de touristes.
-          Ecrire des rêves, c’est parfois fuite en avant, une fuite du monde réel ou de celui dans lequel on a grandi, un étourdissement pour oublier des situations, c’est se créer des illusions.
-          A quoi bon établir une liste de voyages dans un monde de plus en plus perturbé où les frontières se ferment de plus en plus ?
-          Afficher une bucket list est une volonté de paraître, d‘afficher son ego, d’être à la mode, d’être bon, performant (en cochant ce qui a déjà été réalisé) mais, quelque part, esclave des tendances, voire des publicités, aussi stupide que « l’ice bucket challenge » (se renverser un seau de glace sur la tête). La mode qui empêche de penser par soi-même. D’ailleurs le marketing et la publicité ont récupéré l’idée et l’ont déclinée par exemple en « whishlist » de Noël.
-          Les bucket list affichées sont souvent désespérément banales, copiées les unes sur les autres, pas férocement drôles et ne font pas ou plus rêver.
 
Pour la bucket List
-          Ecrire une bucket list oblige à réfléchir au sens de sa vie. Mettre ses idées sur le papier n’est pas toujours si facile. Cette démarche pousse dans ses retranchements, elle incite à sortir du vague, à extraire les envies enfouies par la chape de plomb du quotidien et des habitudes et des tabous, pour mettre au clair ce qui peut nous conduire vers le bonheur et le développement personnel.  
-          Une bucket list est réanimateur de rêves. Elle pousse dans ses retranchements, oblige à chercher ses désirs enfouis pour les faire émerger, les émoustiller et  leur permettre de fleurir. Le secret entre dans la lumière et s’épanouit en concret.
-          Une bucket list est un déclencheur du mouvement,  de l’action : on est tiré en avant quand on se définit un objectif. La liste donne un cap. Elle pousse à faire aujourd’hui au lieu de remettre à demain. Elle incite à devenir acteur de sa vie, à se mettre en route car le chemin est plus important que la destination. La liste est passer du mode subir, au mode action, projet, du désespoir à l’espoir, de l’esprit négatif à l’esprit positif, de la peur à l’audace.
-          La liste repousse les frontières : dans la mesure où on exprime des rêves, il n’existe plus de barrières que l’on érige consciemment ou inconsciemment comme l’argent nécessaire, les moyens à mettre en œuvre, la disponibilité, la famille, le sentiment d’être mal aimé, l’aigreur, … Les murs tombent, les portes s’ouvrent.
-          La bucket list rend possible l’impossible : en mettant sur le papier ses rêves, ils deviennent objectifs à réaliser. Il faut alors oser, trouver des solutions, se libérer de ses peurs et contraintes, de la timidité, de la honte,  et se dépasser pour les réaliser. Plus on commence à se réaliser personnellement en réalisant ses rêves, plus on devient capable de faire de nouvelles choses, plus on se rend compte qu’on peut aller plus loin. La mise en œuvre de sa liste responsabilise et rapproche les rêves d’une réalisation.
-          Car la bucket list contribue à vivre sa vie à s’épanouir : en cherchant à vivre ses rêves, la vie change, sort du désespoir de la monotonie pour un espoir plus intense, pour que le présent et la vie tout simplement ne nous filent pas entre les doigts.
 
 
Comment faire sa bucket list de voyages ?
-          Jeter sur le papier et sans retenue toutes les idées qui passent par la tête, du moment qu’elles correspondent à une vraie envie personnelle, y compris les plus farfelues et excentriques  ou celles qui semblent à priori totalement impossibles à réaliser. Ne pas refouler les idées qui apparaissent spontanément.
-          Avant de faire le tri il est bon de se poser quelques questions essentielles ? Quels sont mes objectifs de vie ? Le sens que je donne à la vie ? Suis-je prêt à quitter  mes habitudes et mon confort ? Est-ce que mes idées sont vraiment de moi ou dictées par la mode, la publicité, mon entourage… ? Quelles ont mes priorités : liberté, indépendance, famille, travail, revenus, rencontres, adrénaline, découverte, inconnu, sécurité,… Le simple fait de se poser cette question peut faire évoluer les priorités et aider à prendre conscience de ses enfermements.
-          Laisser ses idées en désordre ou les classer continents, thèmes, priorités, durée, facilité de réalisation, mode de transport (vélo, stop, avion, moto,…), force de l’envie,….
-          Surtout, établir une liste non figée, mais vivante qui peut être changée à tout moment. L’enrichir en permanence. Une liste n’est pas un enfermement, mais une ouverture à plus de liberté.
-          Choisir de la garder pour soi, de la partager ou la publier
-          Avant de se lancer dans une bucket list à long terme, tester une today list au jour le jour, une ou todo list quotidienne. C’est le meilleur moyen de comprendre qu’une simple liste sur papier peut booster et aider sortir de la passivité, à faire, agir et vivre autrement.
-          Passer tout de suite à la réalisation d’une des idées de sa bucket list. L’effet d’entrainement suivra. 
 
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