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"Tewet, le dayak aux 1000 grottes" de Luc-Henri Fage

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Indonésie Bornéo Asie "Tewet, le dayak aux 1000 grottes" de Luc-Henri Fage

Fin d’un monde au bout du monde.  Ce film a ouvert ce 30 janvier 2015 le 2ème Festival Objectif Aventure organisé par le tour-opérateur Terdav au Centquatre à Paris. On voit dans ce film qui se passe dans la partie indonésienne de l’île de Bornéo que l’ethnie dayak n’est plus ce qu’elle était, et Bornéo non plus d’ailleurs.  En ce qui me concerne, j’avais parcouru il y a quelques années la partie malaisienne de Bornéo, et j’ai été effaré par les révélations de ce reportage.

Le réalisateur et spéléologue qui a mené cette expédition au fin fond de la forêt de Bornéo avec « le meilleur chasseur de nids d’hirondelles » dayak observe le désarroi de la population. Il y a de moins en moins de nids d’hirondelles dans les grottes. Un grand incendie de la forêt de Bornéo en 1997 en serait la cause. Mais on comprend vite que les grottes ont été surexploitées et les nids retirés avant que les oisillons n’en sortent. « Il n’y a plus que des oiseaux âgés pour faire des nids », constate Tewet, 66 ans.

Aujourd’hui les grottes où subsiste un peu de cet or blanc sont gardées comme des forteresses avec des hommes armés. En parcourant la jungle sur un fleuve, puis une rivière, on découvre les désastres écologiques : la forêt primaire a fondu en quelques décennies ; le paysage est saigné à vif par les bucherons et par des mines de charbon à ciel ouvert ; les arbres d’origine sont remplacés par d’immenses plantations de palmiers à huile ; les poissons disparaissent  des rivières où les dayaks n’ont même plus peur puisque « le vacarme des moteurs chasse les démons ». En résumé, « le mode de vie ancestral disparaît ». On voit même apparaître des tours en béton pour essayer de reconstituer des refuges pour les hirondelles !

Heureusement il reste quelques motifs d’espoir pour « retrouver un mode de vie qui n’épuise pas la nature ». Un parc national grand comme deux départements français a été créé pour sauver ce qui reste de ce paradis de la biodiversité où se sont réfugiés les rares orangs outangs survivants. Et puis, Tewet nous fait découvrir d’immenses grottes recouvertes de peintures rupestres datant de plus de 10 000 ans. Ces richesses font espérer un tourisme responsable qui sorte les villageois dayaks de leur détresse. L’ennui, a estimé Luc-Henri Fage dans le débat qui a suivi le film est l’importante corruption administrative locale « qui est en train de bouziller toute la nature ». La réalisation du film n'est pas extraordinaire à mon sens, mais les problèmes soulevés sont cruciaux.

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