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Irrésistible et décapant. J’avais 14 ans quand je m’étais plongé une première fois dans ce livre fameux. Tout de suite je m’étais identifié au jeune héros de l’auteur américain. Pourtant j’étais dans le cocon familial alors que lui fuyait un père ivrogne sur un radeau. J’étais séduit par son impertinence, son insolence, sa liberté farouche. « J’avais reçu une mauvaise éducation et ça diminuait mes fautes », arguait-il. J’avais donc gardé un souvenir ému de ce voyage, along the Mississipi river.
Ici au Barachois, sur cette promenade en bas de la ville de Saint-Denis, je me suis assis sur le petit muret face à la houle de l’océan Indien. Je ne peux pas m’empêcher d’imaginer des scènes de l’histoire de cette île de la Réunion. Aucun être humain ne l’avait habitée avant le XVIIème siècle. Sans doute que les navigateurs arabes la connaissaient depuis des siècles et les portugais depuis 1500.

Croisière policière. A l’heure où les voyages et le tourisme en Egypte sont en berne, un vieux film de presque 40 ans revu hier soir à la télévision a réveillé en moi l’envie de descendre le Nil, lentement au rythme d’un vapeur. Des croisières sont d’ailleurs toujours vendues (1) à bord du vapeur mythique construit au XIXème siècle, qui aurait inspiré Agatha Christie pour son roman "Mort sur le Nil" qu’elle écrivit en 1937 après y avoir fait une croisière.

Un transport dans le temps. Quand je fais une randonnée sur des chemins de terre je pense parfois aux voyageurs d’antan. Au Moyen-Age, il n’y avait évidemment pas de bitume, pas de voitures, pas de trains, à fortiori pas d’avions, ni de télécommunications,… Les plus riches montaient se faire ballotter pendant des jours sur un cheval ou un chariot. La navigation fluviale, plus confortable et rapide que les routes, était préférée partout où elle était possible. Mais la plupart des voyageurs se déplaçaient à pied, au rythme moyen de 30 kms/jour.

Brasil tropical. Ça balance pas mal à Rio ! Blu, Perle et leurs enfants, les derniers spécimen mondiaux d’aras bleus, nous en font voir de toutes les couleurs dans leur domaine des airs. On a l’impression que les réalisateurs de ce film d’animation nous ont accrochés sous un drone qui virevolte en nous surprenant par de fortes turbulences et des images plongeantes sur et autour des bras du Christ rédempteur qui domine la baie de Rio... J’ai vu ce film dans un avion… en partant vers l’Asie.

Photographes de voyages. J’ai craqué devant l’œillade perçante du paysan Bouthan rapportée par le photographe Jocelyn Chavy. Elle fait la couverture de cette brochure. J’ai adoré aussi le coup d’œil latéral électrique de la nomade kirghize en train de traire son Yak, saisi par Matthieu Paley. Elles m'ont rappelé instantanément certains regards croisés au cours de mes voyages. Mais bien d’autres clichés de ce document m’ont vraiment tapé dans l’œil.

Cultures antiques et nouvelles. J’ai raconté hier comment le quartier art nouveau de Riga en Lettonie m’avait impressionné. Mon impression a été d’autant plus forte que les façades foisonnantes de ces immeubles que j’ai découvertes étaient peuplées d’innombrables personnages humains, principalement féminins, soit en portraits, soit en mascarons, masques ou médaillons, soit en bustes.
