Bien que la population de Venise tombe en 1509 bien en-dessous de 100 000, elle remonte dans le dernier quart du XVIe siècle à environ 175 000. Les pièces d'argent sont rétablies dans leur valeur, un grossetto un peu plus cher est frappé, puis un grossone encore plus cher, qui contient suffisamment d'argent pour que 24 grossoni vaillent à nouveau un ducat. Au début de 1386, le Sénat constate que cette année, le gain net de cette affaire est de 4 000 ducats. Puis on passe progressivement à l'enrôlement de force des prisonniers et des débiteurs, comme c'est déjà depuis longtemps l'usage dans le reste de l'Europe. L'afflux d'habitants doit avoir été puissant, ce qui pousse les prix de locations et d'achat vers le haut. Ils ne peuvent plus dans aucun cas, à partir de 1404, investir d'argent dans des entreprises de commerce, quand ils ont souscrit des emprunts. Bientôt, le nombre de mudes augmentent jusqu'à 5 par an. À long terme, ceci change le marché du travail par le fait que de moins en moins de salariés gagnent leur vie à la mer. Ces enchères sont publiques mais réservées à ceux qui ont les pleins droits de citoyenneté de intus et de extra. En outre, l'Espagne ne soutient plus les revendications de Venise sur Chypre, et Venise doit définitivement abandonner l'île à la paix de 1573. Chioggia (Clodia) était une colonie militaire romaine, et à Fondaco dei Turchi, sur le Grand Canal, on a trouvé une monnaie de l'époque de l'empereur Trajan. En quelques années Venise monte au rang de première imprimerie d'Italie, puis au XVIe siècle d'Europe. Profondément empêtré dans la querelle des Investitures, il donne à Venise l'accès commercial à tout le Saint-Empire, mais à ses habitants, seulement vers Venise. L'addition de potasse à la masse de verre est nécessaire pour abaisser le point de fusion de 1 800 à 1 200 °C. Le congrès de Vienne rattacha Venise à l’Autriche, laquelle constitua le royaume lombard-vénitien. Elles sont produites par des verixelli, tandis que les flacons et similaires sont faits par des phioleri. Avec la chute définitive de Jérusalem (1244), le point de départ du commerce se déplace en direction de Bagdad, Tabriz et la Petite Arménie. La commune elle-même renforce le besoin de crédit. En outre, le taux annuel des intérêts baisse de 5 % à 4 %, puis à 3 %[27]. Par contre les plus grandes entreprises s'installent sur la terraferma, où des manufactures avec plus de 600 travailleurs (à Spilimbergo) voient le jour, et même 1000 dans une entreprise près de Trévise. Histoire : Carte de Venise en 1636 de Matthäus Merian. 125 familles en font usage jusqu'à la deuxième décennie du XVIIIe siècle. Au plus tard à la fin du XIVe siècle se met en place à Venise une assurance maritime, comme elle existe depuis longtemps à Gênes et à Florence. Mais ces recettes douanières sont trop rigides, et devraient finalement être adaptées à la conjoncture — en donnant à ce mot une grande souplesse d'interprétation. Malgré l’enjeu économique, qui aurait pu ternir cette fête extraordinaire, le carnaval de Venise attire encore les visiteurs du monde entier. En outre, Venise commence en 1330 à frapper une pièce d'un soldo, mais avec une valeur de 16 à 18 piccoli au lieu de 20. Le Monte Vecchio, une espèce de « dette publique », est alimenté par des emprunts ou des taxes, c'est-à-dire par la taxation des biens des familles imposables ou par une charge sur le commerce au long cours. La fête de la Sensa au cours de laquelle le doge épousait symboliquement la mer marquait surtout les visiteurs. Le fisc et les marchands au long cours n'ont pas d'intérêt pour une industrie locale, et même si on avait le savoir-faire nécessaire, cela succomberait sous une concurrence supérieure. Cependant l'essai tenté en 1716 par John Law termine en catastrophe, dont il ne peut échapper aux conséquences que par l'exil hors de France. Ce n'est que quand le cours des titres d'emprunt s'effondre à 13 % en 1474 que s'approche la fin de ce système. Ceux-ci représentant plutôt des travailleurs spécialisés, reçoivent un salaire à l'ouvrage ou à la semaine, et peuvent amener des apprentis et des aides. Quand les dépenses augmentent brutalement, la commune emprunte de l'argent auprès des familles riches. Des taxes sont dues pour l'entreposage dans les greniers, et pour le pesage. Ensuite viennent, à la fin du Moyen Âge la production de toile, de soie et de verre. La plupart du temps, les emprunts facultatifs ou forcés représentent 0,5 à 2 % de la fortune déclarée, c'est-à-dire des bien meubles — marchandises, argent liquide, bijoux, mais aussi revenus des maisons et des terres. Carte issue des Collections de L'Histoire n°71, "Venise, la cité monde", avril 2016. Venise favorise alors, et surtout après la peste noire de 1348, l'immigration de spécialistes, comme les tisserands de soie de Lucques, ou les meuniers et boulangers du Saint-Empire. Ses origines. Ceci est valable dans une mesure limitée pour Ancône, que les États pontificaux ont déclarée en 1593 port franc, mais surtout pour Livourne, devenue port franc la même année, et qui attire à elle rapidement des parties substantielles de l'offre en marchandises du Proche-Orient. Giacomo Badoer contrôlent ce processus spéculatif avec virtuosité[N 28]. Mais même le fait que Venise dans un acte de force incroyable tend toute son expérience, tous ses moyens et toute sa main-d'œuvre pour construire la moitié de plus de 200 galères qui vainquent les Ottomans en 1571 à la bataille de Lépante ne change rien au fait qu'elle ne peut plus participer au concert des nations mondiales. la Ville de Venise « Venise qui se meurt, Venise appuyée à la mer la douce obsession de ses derniers jours tristes, Venise la vend aux touristes qui cherchent au milieu des gens l'Europe ou l'Orient qui regardent se lever le soir la fumée ou la rage de Porto Marghera. On dispose alors pour le commerce au long cours de grossi d'argent et de ducats d'or. Pour étendre la quantité d'argent, que les crédits ont rendue bon marché, et qui a ainsi favorisé les échanges, on essaie d'augmenter l'utilisation d'argent non métallique. C'est ainsi que Venise constitue à long terme la plus grande « fuite d'or » de l'Europe. En 1463, Venise commence à nouveau une guerre. Ceci n'est pas indépendant du fait que de nouvelles industries prospèrent. Avec la paix du 26 janvier 1479, elle doit renoncer à Shkodër en Albanie et à l'Eubée, et payer un tribut annuel de 10 000 ducats. Venise par contre se méfie de ce gonflement artificiel et se voit donc exposée à des concurrents équipés de crédits bon marché et de beaucoup de métaux précieux. Les marchands passent progressivement à la location de bateaux hollandais. Ils y livrent, comme à Alexandrie, du bois, des armes, des métaux et des esclaves slaves — même si ce commerce est interdit à partir de 960[7]. Les métiers sont organisés en scuole semblables à des corporations, mais qui n'atteignent jamais à Venise le pouvoir qu'ils ont par exemple à Florence. Suite à la défaite de l’Autriche contre la Prusse, alliée de l’Italie, Venise accepte d’être rattachée au jeune royaume d’Italie en 1866. Malgré la domination des échanges commerciaux, la construction navale est l'industrie prédominante et le plus grand employeur, de loin. En outre viennent des études de Hans-Jürgen Hübner (Hübner 1998, Hübner 1999). On utilise comme ingrédient le sable verrier du Tessin ou du marbre calciné[N 27]. En outre, personne ne peut investir aux enchères plus que la richesse figurant dans son estimo. Mais les impulsions les plus fortes sont données par la production artistique et d'artisanat d'art pour le marché rapidement croissant du marché du luxe — tant au sein de Venise que pour l'ensemble de l'espace européen-méditerranéen. Le remboursement peut se faire attendre des années. Plus longtemps que les puissances du nord, Venise oscille entre deux positions fiscales, le protectionnisme et la liberté du commerce. La production de verre est attestée dès le IVe siècle[24]. La politique économique qui se dessine progressivement n'est pas seulement destinée à diriger les bénéfices vers Venise, à renforcer le fisc ou à protéger et élargir les possibilités d'embauche. Vers 1380, environ 1 200 souscripteurs supportent la charge principale des dépenses exceptionnelles. Mais il faut que l'émetteur et le bénéficiaire possèdent un compte dans la même banque. Certes, on connaît la monnaie, et on frappe les siennes, tandis que l'on prend en outre les impériales, par exemple celles de l'empereur Louis le Pieux, en frappant « VENECIAS » au revers. Nous sommes au Ve siècle, l’Empire romain, christianisé depuis la conversion de Constantin en 315, commence à battre de l’aile. En 1328, le Sénat baisse ce taux à 1 pour 24, ce qui fait correspondre une lira di grossi exactement à 10 ducats. Il y a déjà depuis longtemps des méthodes pour protéger le commerce et l'industrie. Au delà de la beauté de Venise, c’est sa puissance qui a surtout impressionné pendant des siècles. Mais Venise garde presque toutes ses forces en Italie. Venise s'oppose ainsi aux métropoles d'Italie du nord, comme Florence, où les prêteurs et les banquiers en arrivent à d'énormes fortunes. 1 tornesello correspond à 1,6 piccoli, mais le change officiel est de 1 à 3. Les défrichages, les assèchements et l'irrigation croissent, si bien que l'on suppose que la production agricole atteint un sommet entre 1550 et 1600. La percée réussit en 1082, avec le privilège de l'empereur Alexis Ier Comnène, qui garantit la liberté du commerce et ouvre d'ailleurs pour la première fois de vastes parties de l'empire. Peu à peu, Venise devient progressivement un État agricole, le commerce au sein de son territoire reste dépendant d'une consommation intérieure relativement modeste. Ce n'est pas seulement la concurrence des autres puissances maritimes qui contribue à l'insécurité sur la mer, mais aussi celle des flottes de pirates. Autrement dit, un saint qu’on pourrait qualifier de latin, remplaçait un saint portant un nom grec ; Venise est désormais devenue une des capitales du monde chrétien et pouvait concurrencer Rome qui disposait quant à elle des reliques de l’apôtre Pierre. Ils y reçoivent des biens féodaux, et peuvent donc prendre part aux possibilités d'ascension sociale. Venise perd tous ses privilèges et ne peut reprendre un peu pied que 14 ans plus tard. Ensuite, il y a des compléments du Sénat, et de nouveaux recueils. Une situation semblable se présente avec la voilerie et la corderie, qui travaillent principalement pour le marché civil de la ville et pour la marine. Mais ce ne sont pas seulement les Pays-Bas qui gagnent ici, puis un peu plus tard l'Angleterre, une avancée décisive. En même temps, 5 millions de ducats de marchandises vont sur la terraferma. Plus tard, ce ne sont plus que 2 à 4. Ils réussissent à s'aventurer en Extrême-Orient jusqu'aux limites du monde connu (Chine), d'où ils rapportent céramiqueset soieries. Une concurrence s'établit pour leur force de travail entre les constructions des bateaux de guerre par l'État et celles de bateaux privés. Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, avec environ 100 000 habitants, Venise figure avec Paris, Pise, Milan, Florence, Gênes et … Ce n'est qu'en 1472 que Venise se départit de cette variante « d'impérialisme monétaire[21] », qui aurait fini à la longue par ruiner la terraferma. Toutes les importations peuvent conduire à de nouvelles améliorations. Au début du XVIe siècle, la République est une des principales puissances européennes et la richesse du commerce, l’habileté de la diplomatie et des commandants militaires et une bonne administration la place à un niveau supérieur à ceux des autres États de l’époque. Ce sont les commandants de bateau, les patroni, qui sont chargés des paiements. Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, avec environ 100 000 habitants, Venise figure avec Paris, Pise, Milan, Florence, Gênes et Gand parmi les plus grandes villes d’Europe occidentale. Pour toute largeur de doigt où cette ligne est sous l'eau, une amende menace. À partir du XIVe siècle, les Toscans ressortent, actifs avant tout dans le commerce des tissus, puis dans celui de la banque, avant tout les Florentins qui y jouent un rôle important. D'habitude, on apprend pendant trois ans les connaissances élémentaires, puis on passe au calcul. Mais vers 1700, Venise est devenue autosuffisante pour la plupart des produits agricoles. Certes, dans les mois d'été, deux galères apportent des marchandises pour une valeur de plus de 600 000 ducats, mais la livraison ne peut avoir lieu, parce que Venise est totalement verrouillée. Ils se déplacent alors vers le commerce via la Mer Noire[12], en direction de l'Arménie, de la Perse et du Turkestan. Comme il se passe un certain temps entre les opérations de change, ce processus se transforme presque immédiatement en un moyen de crédit, pour lequel on demande des intérêts plus ou moins bien dissimulés. Après cinq ans de récession économique engendrés par la crise de 2008, l'économie de la Vénétie semble reprendre de l'élan. Par le commerce renforcé et les efforts de guerre, le besoin d'équipages de navires croît rapidement, ce qui offre des emplois à de nombreux hommes. C'est ainsi qu'advient l'interdiction d'importer du verre de Murano pour protéger la manufacture royale de verre. Une démarche semblable concerne la production française de soieries. Cette dévaluation du piccolo ne provient ni du rapport des valeurs entre or et argent, ni d'autres facteurs explicatifs comme la peste ou les guerres. Par ailleurs, pour soutenir le commerce avec les « Allemands » on leur consent constamment des taxes plus modérées pour les marchandises dans le Fontego. Du coup, les habitants de la Vénétie trouvent tout naturellement refuge sur ces lagunes. Les matières premières sont chères, les salaires bas, par contre, ce qui maintient encore le commerce intérieur à un bas niveau. Même quand le commerce des céréales est ouvert pour la première fois au grand-duché de Toscane en 1764, ce qui stabilise avec un succès notable l'approvisionnement à long terme, Venise reste réticente à l'ordre économique libéral dans le secteur de l'approvisionnement des aliments. Les Vénitiens n'acquittent que la moitié des octrois. Là-dessus se greffe un système de courrier permanent, qui relie Bruges à Venise en huit jours. Le bois pour la construction navale provient du Cadore, du Trentin et du Tyrol, ainsi que de l'Istrie. C'est d'autant plus important que le passage du Bosphore représente le préalable le plus important pour un commerce avec l'Asie centrale. Les fenêtres en verre sont longtemps un luxe inouï, ce qui ne s'explique pas seulement par une technique onéreuse, et une grande consommation d'énergie, mais avant tout parce qu'il faut brûler d'énormes quantités de plantes pour obtenir un ingrédient, la potasse. D'autres marchandises de masse comme le sel et les céréales, même l'huile et le coton, sont transportés en convois, bien qu'il s'agisse la plupart du temps de bateaux privés. Malgré la petite taille des bateaux fluviaux, leur grand nombre permet de transporter quand même de grandes quantités, comme en 1219, où environ 4 500 t de blé sont transportés de Milan à Venise[17]. Les gagnants de ce développement sont les Pays-Bas, qui introduisent le Guldiner, sur le modèle du ducat comme grande pièce d'argent de bel aspect. S'ils exportent juste autant de marchandises qu'ils en importent, ils sont complètement quittes. Certes, en 1428–31 il se produit un certain apaisement, mais de 1431 à 1441, ils atteignent parfois 40 % par an — au total, ils atteignent 288 %. Cf. En 1722 et 1733, Venise réforme son système monétaire, et diminue, comme Gênes, la Savoie et Milan, le nombre des valeurs nominales des monnaies, limite les pièces de cuivre et adapte la frappe des monnaies à la relation de cours entre or et argent. En outre, la force socialement explosive provoquée par les changements est diminuée par la colonisation de la Crète à partir de 1211 par 3 000–4 000 hommes avec leurs familles. Comme le financement de la guerre repose sur des emprunts forcés, à peine après deux ans de guerre, il s'avère que 59 % des fonds disponibles ont été encaissés. Pour la première fois, les Ottomans conquièrent la maîtrise des mers. Et aussi les travaux de marqueterie et les plafonds à caissons ont besoin de nombreux artisans et artistes, peintres, bronziers, lapidaires et nombreux autres artistes approvisionnent un marché rapidement croissant du luxe et de l'art. Simultanément, une flotte fluviale vénitienne patrouille sur le Pô et sur l'Adige. Mais même la concession privée de la perception des droits de douane n'apporte pas les montants espérés, au contraire. Je présenterai trois empires qui ont voulu avoir Venise comme port important. En 1295, sont écartés de la corporation tous les maîtres qui continuent à exploiter même un seul four, face aux nombreux situés hors de la ville. L'avantage pour l'emprunteur est qu'il peut disposer de l'argent librement, sans être soumis aux contrôles autrement habituels. En 1457 il est même interdit sur toute la terraferma d'exporter de la soie brute, sauf si elle a été d'abord importée à Venise et soumise aux droits de douane habituels. Cependant, Venise a besoin de banquiers. Grâce à l'extension de la ville comme objet d'art dans son ensemble, les ateliers de tailleurs de pierre fleurissent, pour la construction et l'embellissement non seulement des bâtiments de prestige de l'État, mais aussi des nombreux palais, ponts et rues. En outre, on compte des petits groupes d'hommes compétents, disposant de capitaux, et qui forment l'épine dorsale du commerce à Bari, Syracuse, Tripoli et Tunis, sur les Baléares, à Valence, Séville, Barcelone, Montpellier, Nîmes, Aigues-Mortes, Southampton et Londres, mais avant tout à Bruges. Venise refuse l'alliance avec la France. En 1472 le Conseil des Dix qui devient de plus en plus puissant prend la supervision des monnaies et commande de soumettre toutes les pièces à un examen d'authenticité. La monnaie est ainsi évaluée presque deux fois plus cher que son contenu réel en métal précieux le justifierait. Mais les principales voies commerciales se déplacent toujours plus vers Beyrouth et Alexandrie. Géographie politique et économique de la commune de Venise au XII e siècle”. Histoire de Venise.